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Freshwater Action Network
– grassroots influencing on water and sanitation

2ème Semaine Africaine de l’Eau - appel à l’action de la société civile

2ème Semaine Africaine de l’Eau 9-11 Novembre 2009

Le 8 novembre 2009, à Midrand, Johannesburg, Afrique du Sud. Nous, membres de la société civile, réunis dans le cadre d’une concertation organisée par le Réseau de la Société Civile pour l’Eau et l’Assainissement (ANEW), afin dévaluer les progrès réalisés et faire des appels à une action immédiate au cours de la Seconde Semaine Africaine de l’Eau.

Nous exprimons notre sincère gratitude à l’AMCOW pour avoir choisi de mettre l’accent au cours de cette Seconde Semaine Africaine de l’Eau sur le respect des engagements existants sur l’eau et l’assainissement. En dépit des progrès réalisés et de la volonté politique croissance pour résoudre la crises de l’eau et de l’assainissement, beaucoup reste à faire.

De nombreux engagements ont été pris – maintenant il est temps de passer à l’action!

En tant que société civile nous allons:

  • Continuer de créer des opportunités pour l’engagement citoyen afin d’influencer les politiques, les pratiques et les programmes
  • Continuer de rechercher l’innovation, et démontrer les meilleures pratiques, en partenariat avec les communautés, les gouvernements, les agences internationales et le secteur privé pour veiller à ce que toutes les cibles de l’eau et de l’assainissement soient atteintes
  • Faire le suivi de la mise en œuvre des programmes liés aux engagements et la réalisation des Objectifs du Millénaires sur le Développement (OMDs) sur l’eau et l’assainissement.
  • Soutenir le Cadre d’Action Global, opportunité unique réunissant les acteurs du secteur ; en l’occurrence, les bailleurs de fonds, les gouvernements, la société civile et les communautés, dans le but de resoudre les crises liées à l’eau et l’assainissement.
  • Continuer de plaider auprès des gouvernements et des bailleurs de fonds pour des actions extraordinaires visant à atteindre la cible des OMDs sur l’eau et l’assainissement 
  • Continuer de mobiliser et de renforcer les capacités des communautés, afin que leurs droits à l’eau et à l’assainissement soient reconnus


En prenant la responsabilité pour ce qui précède, nous reconnaissons aussi l’importance de notre partenariat avec les bailleurs de fonds et les gouvernements, pour la réalisation d’une croissance substantielle, équitable et durable de l’accès aux services d’hygiènes et à un assainissement appropriée et d’assurer une gestion intégrée et durable de la ressource en eau en Afrique – notre ressource partagée. Aussi avons-nous identifié les actions urgentes suivantes à entreprendre par les gouvernements et les bailleurs de fonds:

Financement des infrastructures d’eau et d’assainissement

Sharm el Sheikh et plusieurs autres déclarations ont engagés les leaders africains à augmenter le financement dans le secteur de l’eau et de l’assainissement. Toutefois, peu d’efforts ont été fournis jusqu’ici, dans le sens du respect de ces engagements aux niveaux nationaux et il existe une grande disparité dans le financement des infrastructures de grande envergure.

  • Respecter les engagements pris, relatifs au financement des infrastructures d’eau et d’assainissement, en particulier 0,5% du PIB, pour l’assainissement
  • Mettre l’accent sur le financement de l’eau et de l’assainissement, où il existe un grand besoin, pour la réalisation des OMDs
  • Fournir des ressources humaines, financières, techniques et systémiques appropriées et renforcer les capacités pour la réalisation des engagements existants
  • Créer et soutenir de manière appropriée des mécanismes visant à éliminer la corruption, tels que des chartes sur l’eau et des audits, pour la responsabilité financière et la transparence, afin de mettre un terme à la corruption rampante qui gangrère le secteur de l’eau et de l’assainissement


Réduire la fracture de l’assainissement

La Déclaration et le Plan d’Action d’eThekwini accordent la priorité à l’assainissement en tant qu’élément central dans l’atteinte des cibles des OMDs. Cependant, il existe un immense fossé dans l’accès à l’assainissement. Dans son ensemble, l’Afrique au dessus du Sahara n’atteindra pas les Objectifs du Millénaire pour le Développement. L’accès à l’assainissement faisant défaut dans les zones rurales et dans les zones de résidence pauvre en milieux urbains. Les gouvernements locaux n’ont pas entièrement la capacité de focaliser leurs ressources pour la réduction de cette fracture.

Nous appelons les bailleurs de fonds à:

  • Accroître la priorité politique de l’assainissement et veiller à ce que cette priorité se reflète dans l’allocation des ressources et une mise en œuvre effective des mécanismes visant à réaliser les OMDs
  • Développer des approches fructueuses, promouvoir et mettre en œuvre des technologies appropriées.
  • Faires recours et s’ouvrir aux approches qui placent au centre de leurs démarches les populations et leurs droits
  • Créer et renforcer les mécanismes d’évaluation annuelle au niveau national afin de faire le suivi des progrès réalisés dans la perspective de l’atteinte de la cible des OMDs sur l’assainissement
  • Fixer un agenda africain solide pour la première Réunion de Haut Niveau du Cadre d’Action Globale sur l’Eau et l’Assainissement de Washington D.C. en avril 2010

 

Changement climatique et adaptations

La conséquence du changement climatique sur l’Afrique n’a pas encore été entièrement maîtrisée et résolue. Les communautés frappées par le changement climatique n’ont pas bénéficié du renforcement de leurs capacités, ni d’un soutien financier ou technique pour les préparer à l’adaptation. Bien plus, l’on ne reconnaît pas assez que l’impact du changement climatique est en grande partie vécu à travers le cycle de l’eau. Il existe aussi un déséquilibre important entre le financement pour la réduction et l’adaptation au changement climatique.

Nous appelons les gouvernements et bailleurs de fonds à:

  • Développer en partenariat avec les parties prenantes affectées, un climat de résistance en investissant dans les infrastructures capables de mitiger les inondations, les sècheresses et autres menaces.
  • Augmenter au delà des engagements d’aide en cours, le financement pour l’adaptation.
  • S’assurer que l’adaptation n’est pas un secteur à part, mais qu’elle s’intègre dans le plan national d’eau et d’assainissement
  • S’assurer que les intérêts africains, y compris le financement complet pour les mesures de mitigation et d’adaptation comprenant l’eau, aussi bien que la réduction significative des émissions par les pays développés, sont représentés internationalement à COP15 et au delà.

 

Gestion des eaux transfrontalières africaines

Vingt-cinq pour cent des eaux transfrontalières du monde se trouvent en Afrique, d’où le caractère important de la gestion des ressources hydriques africaine. Bien que de nombreuses rivières et basins fluviaux disposent des mécanismes de gestion, ces derniers sont largement inefficaces.

Nous appelons les gouvernements et les bailleurs de fonds à:

  • Elaborer des projets offrant le maximum de bénéfices aux communautés riveraines
  • Renforcer les mécanismes existants afin d’impliquer les citoyens impliqués dans la planification, la prise de décision et le suivi de la gestion des rivières et les basins fluviaux

La société civile demeure engagée dans notre partenariat avec AMCOW et les autres organisations et, est solidaire de tous ceux qui prennent des actions en vue de l’accès à l’assainissement et à l’eau pour. Merci.